Les problèmes de peau chez le cheval.

Les problèmes de peau chez le cheval sont variés. De nombreux gardiens d’équidés connaissent bien la dermatophilose et gale de boue, déclenchées par l’humidité. Depuis quelques années, on redoute chaque été la dermite estivale récidivante, déclenchée par des insectes. On peut citer aussi la photosensibilisation, et les coups de soleil. Sans oublier les réactions aux insectes comme les tiques et les mouches, entre autres. En effet, aucune saison n’est épargnée lorsqu’on aborde les soucis de peau chez les équidés.

La peau et le Gros Intestin, un lien étroit

En énergétique chinoise, le peau et le gros intestin font partie de la même « loge ».
Ils sont en lien avec l’élément du Métal.

Et en termes simples , ça donne quoi ?

-Si le Métal était un trait de caractère, il serait la loyauté, et la capacité à trancher. Il pose des limites claires : barrière intestinale (flore symbiote), barrière contre les agressions externes (immunité), er barrière entre le corps et l’extérieur (la peau).
-Si le Métal était une émotion, il serait la tristesse, la perte, la séparation, le deuil.
-S’il était un traumatisme, il serait le repli et la résignation.
-Si le Métal était un déséquilibre, il serait du à la soumission, à la violence, au rejet, à la perte d’un être cher et à la trahison.
-Si le Métal avait une expression corporelle, il serait une immunité faible, des problèmes de peau et une tendance à l’isolement.

La peau : une lanceuse d’alerte

Là où la joie s’éteint, la résignation s’installe. Et c’est le corps qui finit par dire, lui. Les antérieurs, parcourus par les méridiens Métal et Feu, se resserrent. La poitrine se contracte, la respiration se raccourcit.
L’énergie du Métal s’affaiblit, et les barrières deviennent poreuses.
Des problèmes de peau chez le cheval apparaissent, après une perte, un deuil. On constate des pellicules, un poil collant, une réticence au contact (isolement).
Dans certains cas, le Feu se rebelle, il voudrait se rallumer. La dermite brûle alors et démange en été, comme un cri visible d’une envie de revenir à la vie.
En hiver, avec les chevaux type « Terre », ceux qui ont une tendance à être plus placides, la manifestation est plus froide en apparence : engorgement et gale de boue. Le mouvement ralentit, les liquides stagnent, la peau exprime.
La dermatophilose peut s’installer sur un terrain qui manque de défenses.

Les problèmes de peau : pas que !

Les problèmes de peau du cheval, comme la dermite et de la gale de boue, nous alertent sur un état interne.
1. Les émotions : dans la vie d’un cheval, de multiples traumatismes s’accumulent parfois. Le cheval type Métal (qui est loyal et a des attachements exclusifs) est très affecté par la trahison. Le cheval type Bois souffre qu’on l’entrave dans sa liberté de mouvement (enrênements, gogue*, enfermement). * Le Bois est lié à la vue, forcer un cheval Bois à travailler sans pouvoir regarder devant lui en lui faisant baisser la tête est extrêmement dommageable.
2. La dysbiose intestinale : la flore intestinale joue un rôle crucial dans l’immunité et le mental (l’intestin est dit « le deuxième cerveau »). Ce qui l’affecte : le stress, une alimentation inadapté et un manque de mouvement (limitant le péristaltisme intestinal, autrement dit le mouvement du gros intestin nécessaire à la bonne évacuation des solides).
3.D’autres dysfonctions du métabolisme : l’organisme déborde. C’est la peau, dernier émonctoire, qui essaie d’évacuer les toxines.

Mais alors que faire ?

Les problèmes de peau amènent à une prise en charge globale. C’est-à-dire, à la fois interne, externe, mais aussi émotionnelle.
Au travers de la nutrition : une ration équilibrée, des plantes spécifiques (il existent dans le commerce de très bons mélanges adaptés), des anti-oxydants.
Avec les soins externes : des produits de qualité à appliquer, de préférence de composition naturelle, sans allergènes (savon d’Alep, produits formulés dans le respect de la peau et de l’environnement).
À l’aide de la gémothérapie (bourgeons de plantes), des huiles essentielles et de la phytothérapie : immunité, anti-oxydants, soutien du foie, des reins.
Grâce au shiatsu équin pour les émotions, la décontraction et l’énergie défensive.

Et aussi au quotidien, beaucoup d’amour et de soutien pour la partie de l’expression de soi*, si vous sentez votre cheval éteint ou résigné.

*Le Métal étant lié à l’odorat, les exercices de recherche olfactive peuvent grandement aider, ainsi qu’un accompagnement au travail respectueux de ses limites et de ses émotions.

Lire aussi : https://sohorseandbalance.fr/bien-dans-sa-peau-la-peau-du-cheval-et-le-shiatsu/

Cicatrice de castration chez le cheval.

Shiatsu équin

La castration, un acte tout sauf anodin.

Si la castration est quasi inévitable pour nos chevaux, elle n’en est pas pour autant anodine. En effet, la pratique généralisée est récente, et il est important de la mettre en perspective, afin de ne pas passer à côté de conséquences importantes, et d’accompagner au mieux nos compagnons.

Car, en stérilisant définitivement, on ampute un animal d’une partie de lui-même. En effet, la stérilisation définitive est une opération chirurgicale destinée à enlever les ovaires dans le cas des femelles et les testicules dans le cas des mâles.
Cela perturbe de ce fait l’équilibre hormonal. Or ces hormones ont une fonction biologique (reproduction), et participent au développement musculaire et osseux. Elles jouent aussi un rôle dans l’immunité. Enfin, ces hormones déterminent des comportements spécifiques qui ont un rôle dans l’organisation du groupe.

En castrant, certes on supprime les comportements sexuels et agressifs, mais on prive également l’animal de son rôle social. Si les conséquences de la castration sont moindres chez le chien et le chat, très proches de l’humain et vivant peu en groupe, il n’en est pas de même chez le cheval. En effet, pour lui la structure du troupeau est une composante essentielle du bien-être.(1)

Les hormones jouent un grand rôle dans la croissance et dans le développement musculaire, notamment chez les mâles. La castration peut entraîner des altérations de grandes fonctions. Des problèmes locomoteurs, notamment de l’arrière-main peuvent apparaître. La testostérone permet la montée de l’énergie Yang, qui est l’énergie défensive. Enfin, la circulation du Qi est perturbée dans les méridiens concernés par la cicatrice.

Une conséquence physiologique : les adhérences

La castration définitive est une ablation des testicules.(2) C’est un acte chirurgical, considéré comme bénin, mais qui doit être strictement surveillé. Il entraîne notamment la formation d’une cicatrice. Cette cicatrice sera plus ou moins belle, et peut rester sensible et douloureuse au toucher. Mais cependant, même lorsque la cicatrisation est « parfaite  » en apparence, elle peut cacher des conséquences tissulaires internes, les fameuses adhérences.

1. Qu’est-ce qu’une adhérence ?

Les testicules sont enveloppés d’une enveloppe faite de fascias.(3)
Ces fascias constituent également le cordon spermatique. Celui-ci se retrouve avec les organes génitaux et urinaires, et vient s’attacher sur le plancher lombaire, dont le point central est la troisième lombaire.
Les adhérences, ce sont les fascias qui se sont repliés sur eux-mêmes après avoir été coupés lors de l’ablation des testicules. On peut imaginer un film étirable qui se replie sur lui-même, formant un amas impossible à redéplier. Parfois, cet « amas » s’attache ailleurs, créant un point fixe. Cela génère une gêne, voire de la douleur, notamment lors du mouvement, ce qui peut limiter l’animal dans sa locomotion .(4)

2. Comment prévenir l’adhérence ?

L’ostéopathe animalier est le plus à même d’intervenir sur les fascias. Cependant, plus les tissus seront souples au moment de l’opération, moins les risques d’adhérences seront importants.
Le shiatsu équin et l’ostéopathie présentent une association de techniques qui préparent les tissus en surface et en profondeur avant l’opération (irrigation par le Qi, décontraction physique et mentale, élasticité des tissus, tenségrité des structures).
Une fois la castration effectuée, l’idéal est de faire intervenir l’ostéopathe le plus rapidement possible, à condition que ce dernier ait recours à des techniques douces (fascias, tissulaires, motilité, etc.) car la zone reste à risque dans les jours suivants l’intervention et des techniques structurelles trop invasives pourraient relancer les saignements. Une intervention simultanée de concert avec le vétérinaire pratiquant serait l’option optimale, si celui-ci est ouvert à la pratique, et sensible aux éventuelles conséquences de la castration.

3. Agir sur les adhérences déjà installées.

L’ostéopathe va travailler à débloquer les lombaires et mobiliser les fascias au niveau de la cicatrice.
Intervenir sur la mémoire de la castration par le biais de techniques dites de motilité peut aussi contribuer à soulager l’animal, notamment parce que des douleurs de type fantômes peuvent subsister. Il ou elle peut référer au vétérinaire pour évaluer la pertinence d’une opération, en fonction du degré de gravité.
En effet, il peut être indispensable pour le confort du cheval de réopérer afin de libérer les adhérences. Cependant, c’est coûteux, et nécessite une anesthésie générale. L’opération est en général réservée aux chevaux de sport dont la cicatrice entrave sérieusement les performances.

Séance d’ostéopathie équine, avec Charlotte Mazzoni.

Une conséquence énergétique : la perturbation du Qi.

L’ablation des testicules et la cicatrice de castration provoquent une modification sur le trajet de certains méridiens, perturbant de ce fait la circulation énergétique. L’impact est double, voire triple. En effet, certains méridiens seront sollicités pour maintenir l’homéostasie lors de l’opération. Et ensuite avec la gestion de la douleur. Les méridiens impliqués dans la gestion de la sphère reproductrice seront également impactés. Enfin les méridiens passant par la zone de cicatrisation et les testicules verront leur intégrité perturbée.

1. L’énergie du Rein, et Qi prénatal.

Lors de la castration, les méridiens passant par la zone des adhérences sont ceux de l’arrière-main. Le méridien du Rein est concerné. Ce méridien est en charge de la gestion du Qi prénatal. Or, ce Qi est l’énergie que l’on a à la naissance, et qui détermine la longévité. On ne peut en augmenter la quantité, mais on peut la préserver au maximum. Il existe plusieurs types d’énergie dans l’énergétique chinoise, qui est un système complexe.
Cette énergie du Rein est affectée par l’épuisement, les chocs émotionnels (cheveux blancs chez l’humain), la dilapidation de l’énergie sexuelle (étalon reproducteur), la peur, le vieillissement (elle diminue naturellement avec l’âge). Lorsque la circulation de cette énergie est perturbée cela peut créer un amoindrissement du développement osseux, et un manque de courage.

2. Le méridien du Foie.

Le méridien du Foie possède une branche collatérale, qui s’enroule autour des organes génitaux. Il est donc affecté directement par l’ablation des testicules.
Le trajet du méridien principal passe par l’intérieur des cuisse. Il subit donc la tension excessive des fascias. L’énergie du Foie est le Bois, est la conséquence d’une perturbation est une faiblesse du développement musculaire. C’est la testostérone, liée à l’énergie du Bois, qui assure la masse musculaire et l’énergie sexuelle. L’hongre sera ainsi moins musculeux et moins énergique que s’il était entier dans la plupart des cas.
De plus, le Foie est en charge de la montée de l’énergie Yang, il assure donc le côté « en avant », et « avec du sang » du cheval. C’est ce qui peut expliquer d’un point de vue énergétique le côté plus docile du hongre.

3. Les Vaisseaux Conception et Gouverneur.

Ces deux méridiens font partie des « Merveilleux Vaisseaux ». Ils sont considérés en MTC comme des réservoirs d’énergie, Yin pour le premier et Yang pour le second.
Le méridien qui se trouve directement sur le trajet du scrotum est le Vaisseau Conception. Il s’appelle Ren Mai en chinois. Il est unique et parcourt la partie inférieure du cheval, de la mandibule au pubis. Le Vaisseau Gouverneur, quant à lui, est affecté par les tensions myo-fasciales de la zone lombaire. Or, c’est lui qui assure l’harmonie et la montée de l’énergie Yang, qui est aussi l’énergie défensive.

Travail sur la circulation énergétique en shiatsu.

Préparer et accompagner la castration du cheval :

Un confort non négligeable.

Les deux techniques physiologiques et énergétiques que sont l’ostéopathie et le shiatsu présentent un intérêt majeur dans la préparation et l’accompagnement de la castration du cheval.
Le shiatsu permet aussi par son aspect émotionnel, et l’ostéopathie par son travail sur le viscéral, d’apaiser le cheval et de l’aider dans son acceptation, et la gestion de la douleur post-opératoire.(5)
De plus, le suivi biomécanique et locomoteur effectué par l’ostéopathe durant cette période permettra d’identifier les éventuelles restrictions dues à l’opération et d’adapter les exercices en conséquence.



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Remerciement : cet article a été réalisé avec le concours précieux de Charlotte Mazzoni, ostéopathe animalière, qui m’a apporté notamment son éclairage sur les conséquences physiologiques de la castration.
Charlotte consulte en région mâconnaise, et clunisoise, en Saône-et-Loire. Elle s’est spécialisée entre autres, en plus de sa formation d’ostéopathe, à la gestion des mémoires de castration.
Son site internet : https://charlotte-mazzoni.fr/

(1) Mon article de blog sur les besoins sociaux des chevaux : https://sohorseandbalance.fr/jamais-sans-mes-potes-les-3f-en-question/

(2) Une page vétérinaire expliquant bien l’acte chirurgical : https://cliniquedeconques.com/la-castration-chez-les-equides/

(3) Un fascia est une « membrane fibro-élastique qui recouvre ou enveloppe une structure anatomique. Il est composé de tissu conjonctif très riche en fibres de collagène.
 Les fascias, de par leurs propriétés viscoélastiques notamment, jouent un rôle biomécanique essentiel […] Il a également été montré qu’ils sont capables de se contracter et d’avoir une influence sur la dynamique musculaire, et que leur innervation sensitive participait à la proprioception et à la nociception : ils sont plus riches que le muscle en terminaisons nerveuses impliquées dans la sensation de douleur. »
Souce : Wikipédia.

(4) L’implication des fascias dans le mouvement : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22630613/

(5) Un excellent podcast, en anglais, sur la perception de la douleur selon les individus et les enjeux d’une évaluation de celle-ci pour des prises en charges post-opératoires plus ajustées : https://open.spotify.com/episode/7g3YQgFcbQq4MXK4033d5Q?si=2e4d40fcf9cd4a00

Jamais sans mes potes : les clés d’une vie sociale épanouie !

chevaux

Les 3 F en question.

1. Friends (and Forage and Freedom).

Les 3F correspondent à 3 besoins fondamentaux des équidés :
1) Ils ont besoin de compagnons de vie (friends)
2) Ils doivent avoir accès à du fourrage en suffisance (forage)
3) Ils doivent pouvoir se déplacer à leur convenance (freedom).

Les besoins fondamentaux sont les besoins propres à la biologie de l’espèce. Ils sont définis par un éthogramme, qui est l’ensemble des comportements issu de l’observation de l’animal dans son environnement naturel.*
Ces besoins sont incompressibles, et non modifiables.
Leur non-respect aura des conséquences physiques et psychiques à court, moyen et/ou long terme.

Aussi, il convient de respecter ces 3F !
Cependant, la réalité s’avère souvent plus complexe qu’un simple acronyme.
Dans ma pratique, je rencontre souvent des responsables d’équidés qui me disent :

 » Tout est respecté et pourtant ça ne va toujours pas ! « 

C’est pourquoi je vous propose cette série d’articles afin d’ouvrir des pistes de réflexion.
En effet, ce n’est pas toujours simple de trouver des solutions, et que les chevaux nous conduisent à une remise en question perpétuelle … mais ô combien passionnante !

2. Social plus que grégaire …

Le besoin de vivre avec d’autres équidés est fondamental. Néanmoins, le cheval est un animal non pas « grégaire » comme on l’entend souvent, mais « social » **.
Dès le plus jeune âge, le poulain va développer des compétences sociales dans son groupe familial.
Le groupe de référence dans un territoire naturel est un groupe diversifié en âge, sexe et caractères. Aussi, plus le groupe est diversifié, plus le répertoire comportemental va pouvoir s’étoffer.

Au vu de cet aspect social du cheval, les relations entre eux relèvent des préférences individuelles et ils peuvent avoir des liens d’amitié très forts entre eux.
Cela commence tout poulain, où la mère et le poulain nouent entre eux une relation exclusive. Les liens d’amitié sont caractérisés par plusieurs indicateurs comportementaux, comme le toilettage mutuel, le fait de brouter côte à côte, etc.

… le cheval a besoin d’apprécier ses compagnons de vie.

Il peut donc arriver que votre cheval n’ait pas de liens d’amitié suffisamment forts dans son groupe.
En effet, selon son profil élémentaire 1 il peut avoir besoin de nouer des relations privilégiées.
Un cheval Métal, par exemple, est un cheval qui ne va pas forcément se lier avec tout le monde. Il aura besoin de faire confiance à un ou quelques individu(s) en particulier.
Selon son vécu personnel également : un cheval avec une forte anxiété de séparation (déséquilibre Terre), va être rassuré au contact de chevaux avec lesquels il s’entend bien et interagit suffisamment.
Enfin, l’allogrooming est une manière de se faire du bien au travers d’un contact partagé. Il est important que cette interaction puisse avoir lieu. (voir l’article : https://sohorseandbalance.fr/pourquoi-les-chevaux-aiment-ils-autant-le-shiatsu/).

3. « Friends » ne signifie pas « congénères », mais « amis » !

Dans des environnements assez étendus, les chevaux en liberté décident de former des groupes d’affinité, notamment des clans familiaux.
Les jeunes mâles devenus adultes quittent le groupe familial pour fonder leur propre famille, ou alors peuvent s’associer entre eux pendant un certain temps.2
Les femelles restent et développent une grande habileté sociale qui leur permet de conserver l’harmonie du groupe.
Aussi, une des clés du bien-être de votre cheval est de lui permettre d’avoir une vie sociale satisfaisante !

Il a besoin d’être accueilli tel qu’il est, et d’interagir de façon saine avec ses congénères. En effet, les interactions sociales sont une part importante de la vie du cheval, et plus elles sont de qualité, plus elles lui permettent de se sentir bien.
Des décisions prises en groupe, du grooming, des galopades, etc. sont des indicateurs d’une vie sociale épanouie.

chevaux troupeau foin

4. Et si mon cheval n’aime pas les autres ?

Un cheval qui n’aime pas les autres est peut-être … un cheval qui a trop souffert des séparations !
En effet, la tristesse accumulée lors des séparations au cours de sa vie crée un déséquilibre de type Métal. Ce déséquilibre se manifeste par un comportement solitaire, voire défensif.
Le cheval (ou âne) va avoir plus de difficulté à nouer de nouvelles relations et à se laisser aller à faire confiance à nouveau. Cela est dû à l’humain en grande partie, qui a la capacité de lui faire revivre une séparation.
Il peut s’être développé un sentiment d’impuissance générateur de frustration.

Des séances de shiatsu équin permettent dans cette situation de libérer les tristesses accumulées. Le cheval peut alors retrouver sa joie de vivre et sa capacité naturelle à entrer en relation avec ses congénères.

Nombreuses aujourd’hui sont les pensions qui proposent un hébergement au pré ou équi-pistes, en troupeau. Et beaucoup de propriétaires d’équidés y sont sensibles et recherchent ce type de structure.
Cependant, il est important de veiller à ce que le gérant soit bien formé à l’observation des équidés, et à l’éthologie scientifique si possible). Il doit prendre soin de ne mettre ensemble que des chevaux pouvant s’entendre entre eux.
De même il doit mettre en place un processus d’intégration pour que la nouvelle configuration du groupe soit acceptée par les autres chevaux.
Ce, afin que votre cheval ait le temps de s’habituer à son nouveau lieu. Et qu’il puisse trouver progressivement sa place dans le nouveau groupe.

Si les conflits sont trop fréquents, ce n’est pas normal.
Peut-être que le nombre de chevaux par rapport à la surface sur laquelle ils vivent est trop élevé. Ou que les conditions d’accès à la nourriture et à l’eau ne sont pas adaptées. Et/ou que la composition du troupeau ne convient pas.

… car si le cheval se fait fréquemment mordre ou taper, qu’il n’a pas accès au ressources ou difficilement, vivre avec ses congénères peut devenir un enfer pour lui. Il faut évidemment remédier à la situation le plus rapidement possible !

En effet, les chevaux hébergés n’ont pas tous eu l’occasion de développer leurs compétences sociales (vie au box notamment). Ces derniers peuvent alors être agressifs ou au contraire ne pas comprendre les codes de communication des autres.
Cela n’est pas un problème lorsque le/la responsable est compétent(e) et passionné(e), Car il/elle saura la plupart du temps trouver des solutions pour arranger la situation de manière satisfaisante : temps d’intégration adéquat, travail du cheval pour lui donner des codes, l’aider dans sa gestion émotionnelle, lui offrir un cadre sécurisant, etc.
Certains responsables de pension choisissent de faire des groupes de même sexe. Cela est, selon ce que j’ai pu observer jusqu’à présent, plus serein que les groupes mixtes mal gérés.

De nombreux chevaux ont vécu trop de changements dans leurs vie. Cela crée souvent un déséquilibre Métal, ce qui les rend renfermés et peu confiants.
Il leur faut du temps, un accompagnement à la gestion des émotions (shiatsu équin entre autres), une stabilité et la possibilité de créer des liens véritables.

Dans certains cas, malheureusement encore trop fréquents, ce qui est déclaré « pension pour chevaux  » est en réalité une location d’espace de pré sans gestion véritable.
Les changements de composition de groupe varient selon les aléas et priorités du gérant. Cela peut être lié à la gestion du poids, à une gestion de cavalerie dans le cas de clubs, etc., sans tenir compte de l’aspect émotionnel des chevaux hébergés.
Les chevaux qui vivent dans ce type de structures finissent par être perdus et peuvent développer une certaine anxiété. Leur copain favori pouvant leur être retiré à tout moment, et eux se retrouver dans un groupe inadéquat.

5. Les séparations ne sont pas à prendre à la légère !

Une séparation, que ce soit la perte d’un copain, un déménagement, etc., est un événement impactant et difficile à vivre. Surtout lorsque le cheval ne vit pas dans un groupe soudé ressemblant à une structure familiale.

Le shiatsu équin permet aux équidés de mieux vivre les suites d’une séparation, et de faciliter les relations avec ses congénères, si c’est votre cheval qui change d’endroit.
C’est pourquoi un accompagnement aussi pour son ami resté sur le lieu de départ est indispensable.

Le cheval qui a été sevré trop tôt (choix de l’éleveur, rejet de la maman, décès de cette dernière, etc.) pourra être plus impacté par les séparations.
Et à mesure du temps, les déséquilibres s’accumulent dans une spirale vicieuse. L’anxiété de séparation en est une des manifestations.
Là encore, l’aide du shiatsu pour libérer le traumatisme source permettra une plus grande résilience, un retour à l’équilibre émotionnel et une meilleure capacité d’adaptation.

La solitude est un autre facteur de fragilité émotionnelle lors de séparations.
En effet, des chevaux ayant vécu des périodes seuls, voire isolés totalement (aucune présence de congénères à proximité, que ce soit dans les pâtures ou des box avoisinants) peuvent développer une phobie de la solitude.
Elle se caractérise par une panique à la moindre séparation de ses congénères. Là encore, un suivi en shiatsu équin permet de ramener de la sérénité chez le cheval et dans sa relation aux autres.
À condition bien entendu que le cheval ne vive plus seul.

L’isolement, et encore plus lorsqu’il est vécu après une séparation douloureuse (sevrage précoce, perte d’un compagnon/ami, etc.) peut également être à la source d’une anxiété profonde.
On sous-estime souvent cette anxiété car le cheval est en apparence calme. Cependant, comme il n’apersonne pour alerter d’un danger lorsqu’il dort, il ne peut pas accéder à la phase de sommeil profond, et est sans cesse en hypervigilance.
Cela conduit indéniablement à un état d’épuisement chronique.
Si le cheval a un programme de survie visant à faire croire à un prédateur que tout va bien, lors d’une séance shiatsu, en revanche, le corps ne trompe pas.

6. Savoir observer son cheval, un outil précieux

Quelques signes de déséquilibre …

La peau : grasse, collante, ou des pellicules, toute manifestation cutanée (dermite, sarcoïde, gale boue, etc.)
L’attitude : encolure basse, œil éteint, vide, éloigné des autres, montre les fesses en signe de défense
Le comportement : hyper-attachement, gourmandise excessive, anxiété de séparation, phobie de la solitude, hyper-anxiété seul en extérieur, mauvaises relations avec les autres (attaque ou se fait attaquer)

Et quand tout va bien ?

Le cheval est curieux, il a un très bon rapport à l’humain. On constate qu’il sort facilement du pré mais parfois est réticent car il est bien avec ses copains !
Il aime bien brouter pas loin d’un autre, s’allonge pour des siestes sous la surveillance d’un proche, ne présente pas de traces de morsures. Il fait parfois des galopades avec ses camarades de pré, ils jouent ensemble. Ils peuvent se chasser entre eux mais cela va rarement plus loin que des signaux d’avertissement …tout est question d’équilibre !

Apprendre à observer son cheval est primordial pour détecter le moindre problème et agir au bon moment !
Je vous recommande ce workbook accessible, réalisé par une comportementaliste.

Workbook : Apprendre à observer son cheval, par Lisa Diederich

* L’éthogramme représente la base de la recherche en éthologie. Il est important de pouvoir dresser un inventaire des comportements d’une espèce avant de pouvoir analyser les comportements individuels.
https://www.osi-panthera.org/Comment-construire-un-ethogramme.html?lang=fr#slogan

**En sociobiologie, un animal grégaire vit en groupe, en banc ou en communauté, mais sans structure sociale. […]

1. Les 5 éléments : https://sohorseandbalance.fr/le-shiatsu-en-bref/

2. Cheval qui es-tu ? M-A. Leblanc, M-F. Bouissou, F. Chéhu, éd. Vigot, 2004.

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Léa Lansade, Dans la tête d’un cheval, coll. Mondes animaux, 2023.

https://www.heleneroche.fr/fr/helene-roche/

Alimentation du cheval : un fourrage adapté pour un mental apaisé.

shiatsu équin et alimentation du cheval

Forage (and Friends and Freedom).

Les 3F définissent 3 besoins fondamentaux des chevaux.
1) Ils ont besoin de compagnons de vie de leur espèce (friends)
2) Ils doivent avoir accès à du fourrage de qualité en suffisance (forage)
3) Ils doivent pouvoir se déplacer à leur convenance (freedom).

Les besoins fondamentaux sont les besoins propres à la biologie de l’espèce. Ils sont définis par un éthogramme, qui est l’ensemble des comportements issu de l’observation de l’animal dans son environnement naturel.(1)
Ces besoins sont incompressibles, non modifiables et leur non-respect aura des conséquences physiques et psychiques à court, moyen et/ou long terme.

Aussi, il convient de respecter ces 3F !
Cependant, la réalité s’avère souvent plus complexe qu’un simple acronyme.
Dans ma pratique, je rencontre souvent des responsables d’équidés qui me disent :

 » Tout est respecté et pourtant ça ne va toujours pas ! « 

C’est pourquoi je vous propose cette série d’articles afin d’ouvrir des pistes de réflexion.
En effet, ce n’est pas toujours simple de trouver des solutions. Les chevaux nous conduisent à une remise en question perpétuelle … mais ô combien passionnante !

Forage : fourrage à volonté !

Les équidés ont un système digestif adapté à la métabolisation de fourrages dits « grossiers ». C’est-à-dire relativement pauvres en énergie en comparaison de leur volume. En d’autres termes, ils doivent manger beaucoup et longtemps.
Des années durant, et jusque récemment, la question du fourrage et de l’alimentation adaptée se posait moins. Chez les chevaux de sport notamment, l’apport énergétique primait sur la qualité nutritionnelle. En effet, les conditions de vie des équidés et l’absence de prise en compte de l’approvisionnement en foin ne le permettaient que difficilement.
Aujourd’hui, les connaissances en nutrition se sont démocratisées, et ont pris une véritable place dans la prise en charge globale des équidés. Toute personne un minimum avertie sait maintenant que du « foin à volonté », c’est la possibilité de manger en continu, à toute heure du jour et de la nuit.

Le cheval n’ayant pas de vésicule biliaire, il sécrète de la bile en continu. Aussi il ne peut pas rester longtemps à jeun, au risque de créer des lésions gastriques à cause de la sécrétion de bile ! Rester à jeun ou ingérer trop de céréales crée à court terme une dysbiose intestinale acidifiante qui impacte tout le système.(voir le fonctionnement de l’appareil digestif dans le Wolter, réf en bibliographie)

L’acidification générale de l’organisme est un cofacteur important dans des problèmes de santé divers et variés, allant de la sensibilité épidermique à la fourbure.
En énergétique chinoise, tout est lié : une cause externe peut affecter l’organisme, mais également l’émotionnel. Et réciproquement, l’émotionnel impacté va alimenter le déséquilibre créé.
Dans le cas des troubles ayant pour origine l’alimentation non-adaptée, ou le défaut d’alimentation, il convient de travailler sur les différents aspects pour espérer une amélioration durable.

L’impact physiologique d’une alimentation a des conséquences également émotionnelles !

La nourriture est directement liée à la survie. Elle est donc un enjeu majeur pour le cheval !

Manque de nourriture et mise à jeun : l’exemple de la fourbure.

Dans le cas des fourbures métaboliques, le déclenchement est dû à une alimentation trop riche.
L’approche énergétique nous invite à aller un peu plus loin dans la réflexion. Il y a une crise métabolique, du fait d’une dysbiose*. Celle-ci ne permet plus à l’intestin de métaboliser correctement l’alimentation (inadaptée car trop éloignée du fourrage grossier indiqué).
Par ailleurs, du point de vue émotionnel, on est sur la sphère digestive. La sphère du nourrissage, physique et symbolique.
La crise est-elle due seulement à ce facteur ponctuel externe? Ou alors est-ce que ce serait aussi une accumulation de déséquilibres qui rendent le cheval plus vulnérable ?
Les syndromes ( SME, Cushing, PSSM, etc.) expliquent le phénomène dans bien des cas. Mais sont-ils à eux seuls responsables de toutes les crises?
Si l’on ne fait pas une analyse du « terrain », on peut passer à côté de cofacteurs importants.

L’élément de la Terre : nourrir et digérer !

Est-ce que physiquement l’animal a manqué ce qui a créé une anxiété due au manque ? On est alors sur déséquilibre Terre. Et particulièrement méridien de l’Estomac et de Rate/Pancréas.
Ou alors est-ce qu’il n’a pas pu nourrir ? (fausse couche, perte de poulain).
Est-ce qu’il a été nourri émotionnellement ? (sevrage précoce, changements constants de lieu de vie, de copains).
Ne pas prendre en compte ce paramètre, et mettre à jeunun animal qui doit avoir en permanence du fourrage dans l’estomac, renforce le risque d’ulcères gastriques. Or l’inconfort gastrique, ainsi que la privation … renforcent l’anxiété !!
Surtout s’il est en plus isolé, du fait de la gestion alimentaire.
Et je n’évoque pas ici l’anxiété du responsable de l’équidé, avec les conséquences sur l’équidé et la relation.
On rentre alors dans un cercle vicieux qui peut durer longtemps …

Prendre soin de la Terre : pour un cheval serein.

On ne peut pas espérer une véritable résilience sans prendre en compte l’émotionnel !
Prendre soin de la Terre, c’est prendre en compte l’alimentation.
Qu’elle soit adaptée aux besoins et à la physiologie de l’espèce. Donner des concentrés en trois repas n’a jamais raccourci l’intestin du cheval, ni ne l’a rendu plus apte à digérer de grandes quantités d’amidon.
C’est aussi nourrir émotionnellement et affectivement : des jeux, de l’affection, des copains avec lesquels il peut développer de véritables relations de cœur. (2)
C’est aussi accompagner les événements marquants au niveau émotionnel comme la perte de poulain, le deuil, la séparation. Le shiatsu équin est une aide précieuse pour aider à réguler les émotions et à mieux vivre les étapes difficiles.

Sur cette photo, ce n’est pas la ponette au premier plan qui a été impactée par la fourbure, mais la deuxième, la grise. Dans la prise en charge globale (vétérinaire, phytothérapie, parage adapté puis ostéo et shiatsu) la composante émotionnelle a été déterminante. Elle a quitté un groupe non adapté pour se retrouver en trio harmonieux avec de vraies relations d’amitié.

Le bonheur est dans la haie !

Et si la diversité alimentaire était une clé du bien-être psychologique ?

On a l’habitude de voir nos chevaux brouter dans leur pâture, en se disant que leur confort intestinal et leur besoin de mastication est comblé.

Mais toutes les pâtures se valent-elles? Et si je me dis que mon cheval a besoin d’une alimentation variée, est-ce que je ne fais pas de l’anthropomorphisme?
Les équidés sont des nomades, qui à l’état naturel ne connaissent pas les clôtures. Ils se déplacent sur de très grands espaces et ont accès à une très grande variété de végétaux, poussant sur une grande diversité de sols. Ils ont donc naturellement besoin d’une diversité végétale importante pour optimiser les apports nutritionnels.
La qualité du sol a un impact sur le goût et la richesse en oligo-éléments et minéraux de la plante (grâce aux champignons et bactéries symbiotes ou alors dans la teneur en minéraux du sol même, entre autres).

Pâturage et biodiversité

Or, dans une pâture occupée plusieurs mois d’affilée, et encore plus s’il y a surpâturage ou s’il s’agit d’une ancienne pâture de vaches/ moutons, ou encore une ancienne parcelle cultivée, il y a une forte probabilité que la végétation soit assez pauvre. Que ce soit en diversité ou en qualité micro-nutritionnelle.
La qualité du foin est alors très importante. Cependant, le foin ne comblera pas le besoin de recherche alimentaire et de sélection qui permet à votre cheval de développer et d’utiliser sa psychomotricité naturelle.
Or utiliser ses facultés cognitives de recherche et de discrimination visuelles, tactiles et olfactives permet de les stimuler. En gros, cela aide à développer l’intelligence du cheval !

Un des moyens de proposer à votre cheval de la recherche autonome de nourriture est donc d’offrir des sources d’alimentation plus variées.
Planter des haies fourragères : en mettant des arbres et arbustes dont les équidés peuvent se nourrir, on augmente la diversité alimentaire et la possibilité d’automédication (saule blanc par ex).
Un autre moyen est également de laisser un peu de ronces (cynorrhodons, mûres et feuilles de ronces sont délicieux).
Et aussi, proposer des balades gustatives dans lesquelles le cheval pourra brouter de nouvelles plantes, et nous on pourra observer ce vers quoi il va préférentiellement, selon la saison et l’endroit.

📷 La haie fourragère, une oubliée à réhabiliter !

(1).  L’éthogramme représente la base de la recherche en éthologie. Il est important de pouvoir dresser un inventaire des comportements d’une espèce avant de pouvoir analyser les comportements individuels. 
https://www.osi-panthera.org/Comment-construire-un-ethogramme.html?lang=fr#slogan

(2) Voir l’article associé sur les relations sociales :
https://sohorseandbalance.fr/jamais-sans-mes-potes-les-3f-en-question/

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Conseils de lecture :

Le Wolter réactualisé (éd. 2014):
https://www.editions-france-agricole.fr/livres-et-ebooks/elevage/equin/l-alimentation-du-cheval.html

Hippothèses : Se nourrir… Etre nourri… 
https://www.ohm-bioalternatives.com/hippotheses-1-et-2-livres-deric-ancelet/
Excellent blog anglophone

L’odorat du cheval, sentir et ressentir

L’odorat est fondamental chez le cheval.

Mantrailing, pistage, détection de drogue … le flair des chiens est reconnu comme un sens majeur, et utilisé.
Or, celui des chevaux est largement sous-estimé. Et pourtant, il reçoit bien des informations de l’environnement sous forme de sons, de vibrations, de mouvements, … et d’odeurs !
Le cheval est extrêmement sensible au moindre changement dans son environnement.
Et cette capacité à recevoir et traiter toutes les informations provenant de ce qui l’entoure est une compétence de survie inestimable.

En outre, cette sensibilité sensorielle et émotionnelle lui permet, dans un environnement suffisamment préservé, de vivre avec ses congénères des relations paisibles et sécurisantes.

Anatomie de l’odorat.

Tout comme la vue, l’odorat est un sens majeur pour le cheval. Il n’y a qu’à regarder la taille des naseaux et leur position pour s’en convaincre.
Grâce à ces naseaux, le cheval peut inhaler une grande quantité d’air, et leur situation de part et d’autre du bout du nez lui permet de localiser plus facilement la source d’une odeur (on parle de « stéréo-olfaction« ).

En outre, son cerveau est doté d’un un bulbe olfactif principal très volumineux.
Le flehmen* permet l’analyse des grosses molécules type phéromones, par l’organe voméronasal (ou organe de Jacobson). Cet organe est quant à lui relié au bulbe olfactif accessoire.(1)
* Retroussement de la lèvre supérieure tout en humant l’air.

En Energétique Traditionnelle Chinoise, l’odorat est le sens lié à l’élément du Métal. Un naseau souple et bien ouvert reflète un Métal équilibré, et une capacité respiratoire optimale.(En effet le cheval ne respire pas par la bouche).
Le cheval possédant plusieurs bulbes olfactifs, l’exposition régulière à une grande vérité d’odeurs participera à la stimulation de ces zones cérébrales. Et donc au développement et à la préservation de ses capacités cognitives.

L’odorat dans le quotidien et les relations sociales.

L’odorat, en association avec les autres sens, joue un grand rôle dans le quotidien du cheval.
En effet, c’est avant tout grâce à l’odeur que le cheval arrive à discriminer les plantes bénéfiques et savoureuses pour lui et à dédaigner les autres. Cela lui permet aussi d’explorer son environnement et de se familiariser avec tout objet ou individu nouveau.

Le flairage mutuel est utilisé à chaque nouvelle rencontre d’un congénère. La mère flaire longuement son nouveau-né juste après la mise-bas afin de pouvoir le reconnaître parmi les autres poulains, notamment pour l’autoriser à téter. Le flairage des crottins permet également de reconnaître le statut social et le sexe d’un congénère. (1)

L’odorat joue aussi un rôle dans la communication. Outre les signaux visuels, très importants, et les signaux sonores, moins utilisés, les signaux olfactifs ont une place significative dans « la reconnaissance mutuelle, c’est-à-dire l’identification précise du partenaire ».
Le cheval, grâce à ce sens olfactif, est en outre « assez sensible aux états émotionnels de ses congénères« (3)

L’odorat dans les stratégies de survie.

Ce sens joue un rôle inné dans la reconnaissance des prédateurs et la fuite.
Cependant, il semblerait que l’odeur du danger ne constitue pas à elle seule une raison de fuir.

Une étude a été menée sur les odeurs des prédateurs …

En effet, lors d’une étude datant de 2008, des chercheurs danois ont exposé des cohortes de poulains de 2 ans (provenant d’un même élevage) à divers stimuli, dont :
1) des odeurs d’urine de loups et de lions,
2) des odeurs de sang de congénères morts et des odeurs prélevées sur de la fourrure de loup,
3) un stimulus auditif (bruit soudain de sac plastique) en présence ou non d’odeur prélevée sur de la fourrure de loup.

…l’odeur est une information mais pas une alerte.

Les auteurs de l’étude concluent que les odeurs de prédateur en soi ne constituent pas une source de stress, mais qu’elles participent à augmenter la vigilance des chevaux.
Et effet, c’est combinées à un facteur déclenchant, comme le bruit soudain de sac plastique, qu’elles ont provoqué l’activation du système sympathique (fight or flight *).

Les expérimentateurs proposent une explication intéressante à ce phénomène : dans la nature, les proies vivant en constante proximité avec les prédateurs. De ce fait, ils économisent leur budget-temps en terme de réaction de défense.
Ils ne réagissent au danger que lorsque les indices de menaces sont suffisamment significatifs; ils consacrent la plupart de leur temps à des occupations essentielles non-liées à l’auto-défense.(2)

* l’activation du système sympathique face à une menace prépare le corps à une réponse rapide, d’attaque ou de fuite selon l’animal et le contexte.

Sentir et ressentir

La perte de l’odorat s’appelle l’anosmie. L’anosmie est responsable de la perte de l’appétit ainsi que de la joie de vivre, et chez les humains c’est un sujet sérieux.
Chez le cheval, les troubles de l’odorat ne sont pas documentés à ma connaissance, sauf en cas de pathologie respiratoire : on peut difficilement faire le lien avec un éventuel abattement émotionnel.

L’énergétique et l’odorat …

En Energétique Chinoise Traditionnelle, la respiration est indispensable au bon fonctionnement du Poumon et du Gros Intestin. Si le méridien du Poumon est affecté par la tristesse, réciproquement, un déséquilibre de ce méridien est à l’origine d’une tristesse chronique, qui ressemble fort à l’abattement émotionnel. Un déséquilibre Gros Intestin, quant à lui, pourra se traduire par une dépression et une incapacité à ressentir du plaisir et de la joie.

… un équilibre à préserver.

Aussi, s’assurer que le cheval ait accès à suffisamment de stimulation olfactive est un gage de joie et d’équilibre émotionnel.
On peut veiller à ce que son environnement accueille la plus grande diversité végétale possible, et également planter des aromates. Au printemps, les arbres fruitiers et autres arbustes produiront des fleurs et des fruits odorants.

Des stimulations olfactives sous forme de jeu (bonbons ou carottes cachées), ainsi que la découverte de nouveaux environnements, avec des animaux ou humains nouveaux (dans un contexte sécurisant, sans mise en danger) stimuleront ses capacités olfactives et de fait, cognitives.

La joie (Feu) est liée à la stimulation sensorielle et cognitive (Shen ou intelligence du cœur). Elle aidera à équilibrer le Métal (le Feu contrôle le Métal), et participera à l’harmonie énergétique globale du cheval.


(1) Léa Lansade, Dans la tête d’un cheval, éd. humenSciences, 2023.

(2) Christensen J.W. et Rundgreen M. Predator odour per se does not frighten domestic horses, Applied Animal Behaviour Science, 2008.

(3) M-A. Leblanc, M-F Bouyssou, F. Chéhu, Cheval, qui es-tu ? L’éthologie du cheval, du comportement naturel à la vie domestique, éd Vigot, 2004.